Je vous l'avais promis. Le voici, le voilà, Sô Jeu à la puissance douze, straight pipe dans tes oreilles. Un texte que la forêt lui a sussuré et qu'elle a su assuré avec brio. Une commande de la part d'un cinéaste pour un projet sur la forêt québécoise que la dame du drame de Sherbrooke a accompli avec billot en 2008.
Bonne randonnée auditive! (Le son griche pour l'instant, je m'en excuse!)
Frank Poule
P.S. Si vous aimez ce que fais Sophie Jeukens, je vous invite à aller voir Pluriels, une pièce qui mélange verbalité et sensualité, le tout sur le fond dramatique qu'on lui connaît. Du 26 au 28 février 09 au théâtre Léonard St-Laurent.
lundi 9 février 2009
Métaforêt
samedi 7 février 2009
Décousue mais bien accostée
Il s'en est fallu de peu pour que ma prophétie se réalise jeudi dernier. Les murs du Tremplin 16-30 aurait très bien pu tomber car après l'arrivée de 130 kek' personnes, nous avons dû refouler le reste de la meute qui se massait à l'extérieur, prête à bondir sur la première métaphore venue! Il a donc fait très chaud en ce 5 février où nous aurons eu la visite de Radio-Canada, un peu éberlué par l'intérêt pour l'évènement, en plus de celle du gatinoyen Guy Perreault.
Parlons-en de cette Perreauserie. Premier gladiateur dans l'arène poétique du Grand Chelem, il n'a pas hésité à nous faire voyager de sa chambre à coucher, en passant par les sables moyen-orientaux jusqu'au tréfond de sa mémorielle jeunesse pédalante. Sexe, drogue et rock&drôle! Il nous a pris par tous les travers de la nature humaine et a fait Guy-li-Guy-li sur la plante de notre conscience. Pendant 22minutes 22secondes, il nous a livré le meilleur de lui-même, franchissant la ligne d'arrivée hors d'haleine et avec le sourire qu'on lui connait. C'est au son des «GUY! GUY! GUY!» scandé par une foule qui avait le coeur plein d'admirance et les yeux qui pleuraient des rigolades que j'ai pour la première fois cru vraiment au projet que j'ai lancé à tout hasard en janvier. Je me sentais vivre l'excitation d'un colisée : exploit, populisme, diverstissement, fébrilité. Il y avait aussi au rendez-vous : écoute, engagement du public, réactivité, partage et découverte. Nous étions à la croisée de deux univers, en plein coeur de la réaction chimique du slam. Je tiens donc à remercier ici la personne qui aura su donner naissance à l'idée, Marianne Gariépy, ainsi qu'aux personnes qui y auront cru : Charles Fournier, Sô Jeu, Sophie Lyrette et David GoodRow. Guy Perreault a donc briser la glace, plaçant la barre bien haute pour les personnes qui tenteront leur coup!
Le reste de la soirée fut tout autant enivrante avec 10 participantEs à la compétition amicale. Plusieurs nouvelles personnes comme il faut s'y attendre en mi-saison et c'est pour le mieux! On y a découvert Émilio, une des nombreuses personnes qui se lancent sur scène après être venu quelques fois en tant qu'auditeur. Son premier texte, qui jouait autour du dicton «l'habit de fait pas le moine» est venu chercher le public par sa force de conviction et d'affirmation. Le premier pointage de 30 de toute l'histoire du slam! Son deuxième n'ayant pas su égale le premier, lui aura valu une moins bonne réception, mais a tout de même touché le public par sa simplicité et sa tendresse.
Que dire de l'humour rimant de Patrick Jalbert bourré à bloc d'autodérision et de défoulement, qui nous a fait connaître l'essence de ce qu'un roux avec de la répartie peut servir dans une cour d'école. Que dire? Merci Pat pour ce moment drôle et éclaté!
Finalement, braquons notre attention sur la reine de la soirée, Véronique Suzanne.
Une femme mûre, débordante d'ouverture, d'humanisme et quelle langue! Rafraîchissant d'entendre des poèmes paufinés, recherchés tout en restant audible, compréhensible et touchant. Maintenant accro de la scène du Tremplin, Véronique s'est laissée aller à compétition sans trop d'attente, mais elle était préparée et ça a joué. Et pas que ça! Charisme, passion et des tournures de phrases à en tordre les esprits les plus raidis. Elle l'a donc cherché cette victoire. Avec l'arrivée d'Annie Shneider et de Mansour Danis, les vieux renards commencent à prendre d'assault la basse-cour! Pas pour rien qu'à votre extrême droite vous verrez que je tente de fixer un camp de rééducation digne des jeunesses hitlériennes pour redresser notre fleuron national (comprenez bien mon ironie, la Performation que je prépare s'adresse à toute personne, peu importe l'âge, le sexe ou la race, tant qu'elle a les cheveux blond et les yeux bleus).
En somme, une soirée exhubérante. Un peu trop diront certainEs et je leur donne ici raison. Mes trop nombreuses improvisations ainsi que les trop trop nombreuses et lancinantes introductions de la part des slammeurs-euses auront su draper la soirée d'une fatigue qu'il nous faudra éviter pour les mois à venir. Comptez sur moi pour ramener le bateau à bon port et plancher vers une soirée qui sonnera son glas à 23h tapant avec une peuplade énergisée et souriante!
Amitié et solidarité,
Frank Poule
P.S. Merci à Roxanne Camden pour les photos!
Prochain article : Un poème tant trop sonore de Sophie Jeukens (il se fait attendre celui-là!) ainsi qu'une germe de sagesse de la part de Annie Shneider.
samedi 31 janvier 2009
Faudra acheter une familiale!
La première veillée de la slamille sherbrookoise s'est bien déroulée, déliant langue et esprit, et jetant hors de ses gonds les portes des perceptions. Plus d'une dizaine de personnes se sont donc apprivoisées jeudi dernier afin de mettre sur la table des réflexions concernant le slam, des questionnements et des projets. Je ne m'attendais à rien de moins. Sans vouloir reprendre tous les éléments de cette rencontre ici, je me dois de souligner minimalement trois éléments de celle-ci qui nous permettra de voir où ira la slamille pour l'année 2009.
D'abord, nous avons à nouveau épuré la question de la compétition (est-ce nécessaire, positif, contradictoire?) pour finalement en venir à bien faire saisir l'importance de la joute et de la compétition afin de respecter l'esprit populaire et participatif du slam. Il va sans dire que cet aspect sucite toujours des questionnements et je profites de ce blogue pour établir une vérité de l'histoire du slam émise par son fondateur lorsqu'il se fit questionner sur le pointage dans le cadre de slam de poésie. C'était à l'émission états-uniennes la plus écouté des É-U, 60 minutes, que je cites et traduis de mémoire.
Animateur : Quel est le but de mettre des points sur des poèmes ?
Marc Smith : C'est complètement absurde!
Ça fait le tour de la question? La slamille s'entend donc pour dire qu'elle raffole de la compétition et qu'elle est prête à user des tous les stratagèmes possibles pour conserver son titre.
Au suivant!!
Deuxième élément central de cette rencontre, l'importance d'avoir d'autres évènements, qu'ils soient thématiques, comportent une contrainte ou qui toucheraient un autre public. Des idées mijotent, mais comme il fut souligné, pour ce qui est des soirées au Tremplin, la marmitte est déjà pleine. Peut-être est-il déjà temps de voir à augmenter le nombre de soirées dans un mois? Je serais plutôt d'avis que la patience est de mise. Voyons voir si le creu des mois de mars/avril se fait sentir avant de se lancer à chaque deux semaines! D'ici là, pourquoi ne pas tenter le coup à l'Université ou au Cégep ou encore dans un bar?
Puis, il fut évoqué à quel point il serait nécessaire de faire une tournée afin de faire découvrir les personnes qui se démarquent lors des soirées du Tremplin. Le concept du spectacle «Veillée de mots avec la slamille» qui avait bien marché au Cégep de Sherbrooke à l'automne 2008 pourrait être repris. Une chose est sûr, il ne manquera pas de personnes pour venir performer lors de cette possible tournée. Reste à voir si l'accueil serait bon, les salles ouvertes et surtout, le public présent. Il nous faudra donc nous trouver une familiale bon prix, avec moteur au bio-carburant, pour loger toute cette belle slamille pour une tournée estivale.
Une prochaine rencontre sera donc de mise très prochainement pour faire un retour sur cette balloune qui fut gonflée collectivement afin de voir à lui insuffler un peu plus de délirium!
Amitié et solidarité,
Frank Poule
Prochain article, un enregistrement studio de Sophie Jeukens sur la forêt québécoise!
lundi 26 janvier 2009
Qu'est-ce que la slamille?
À l'orée de la première rencontre de la slamille sherbrookoise, la question est peut-être de mise...
De la poésie au quotidien
Le terme en soi est un dérivé du mot-valise «slamily» employé depuis belle lurette dans le mouvement de slam de poésie. L'idée est simple, implanter les valeurs familiales à l'intérieur des collectifs de slam : entraide mutuelle, respect, amour et organisation afin de favoriser le développement social, économique et affectif de la communauté. C'est un lieu de socialisation et d'éducation où il est possible d'échanger sur la poésie, la société, critiquer le mouvement, avancer des projets ou tisser des liens.
La slamille sherbrookoise est à mes yeux bien loin d'un concept vague ou d'une mythologie artistique. C'est une croisée de chemin nécessaire à établir pour aller au-delà du spectacle et de la compétition et en même temps un moyen de les nourrir d'ions positifs. C'est une grande table où toutes personnes s'identifiant au slam a le droit d'être. La slamille, c'est une façon d'implanter la poésie dans le quotidien en s'encourageant à vivre de poésie (et non de la poésie).
Qui fait partie de la slamille?
N'importe qui! Puisque ce n'est pas un endroit formel ou decisionnel, toute personne animé par le désir de participer à la propagation de la poésie est la bienvenue (même des gens de d'autres villes!). Les formes de participation sont aussi nombreuses qu'imaginables. Il est par contre très souhaitable que la slamille puisse partager des avenues communes et des sujets qui intéressent une majorité de gens. En ce sens, l'invitation à la première rencontre est faite en ayant ciblé des éléments qui, je l'espère, sauront aider à connecter les gens.
EN GROS
qu'est-ce qui va se passer à cette rencontre?
Tout d'abord, il s'agit d'un 4à7 non-alcoolisé. Il va donc y avoir du pain et de la salsa de fournie. Restera qu'à trainer un fromage à nous faire découvrir ou bien un jus (ou toute autre boisson imaginable). Il se passera donc de la nourriture, des borgborigmes, des déglutissements et nous espérons même quelques rots en guise d'applaudissement. Du reste, ce sera surtout un premier contact, pas trop chargé. Recueillir des impressions sur la perception et la compréhension de la «vague du slam», retour sur les Slam du Tremplin et partage des projets à venir ou à devenir. Tout ça au gré du nombre, du genre et de la lumière (si parfois yaurait une panne d'Hydro-Sherbrooke).
Autre chose?
Oui oui oui! Des exemples concrets que la slamille est quelque chose d'existant et de motivant. Voici mon top 7!
7. Slam United!, un appel afin de réunir les 3 équipes de New-York dans une période de tension.
6. Blah blah blah!, un recueil de plusieurs artistes de différentes scènes de slam en France. C'est le plus volumineux recueil de slammeurs-euses francophones.
5. Le Poetry Cross Training Conference, une sorte de camp d'été de slam avec plusieurs figures marquantes du slam qui partagent leur expérience et donne des ateliers. L'éducation populaire quoi!
4. Le recueil new-yorkais Aloud! qui est le plus beau lègue des scènes de poésie new-yorkaises et qui est nationalement connu.
3. La fameuse rencontre de la slamily avant chaque finale de championnat national aux États-Unis et qui cherche à discuter sur un pied d'égalité dans un moment très fort en anxiété et en tension...
2. La rencontre maintenant historique au chalet de Taylor Mali, slammeur très connu aux États-Unis, où des dizaines de poètes-ses passent un moment complètement familial.
1. La naissance du «slam sauvage» dans les quartiers de France où la rue devient l'espace d'expression des gens du coin.
Voilà donc à grand trait ce que peut être la slamille. Nous verrons bien ce qu'il en adviendra à Sherbrooke. La porte sera grande ouverte! (Les détails du quand, où, comment sont à votre droite!)
Amitié et solidarité,
Frank Poule